Légalité et sécurité, expliquées
Sur la plupart des sites de retraite, vous lirez « 100% légal ». C’est une phrase courte qui porte beaucoup de choses, et qui n’explique ni où, ni pour qui, ni jusqu’où. Cette page dit précisément ce que nous savons, ce que nous faisons, et ce qui vous expose, vous.
En une phrase
Ce que nous utilisons en retraite est licite aux Pays-Bas, et ne l’est pas chez vous. Les deux moitiés de cette phrase comptent autant, et cette page explique les deux.
Ce que dit la loi néerlandaise, précisément
La loi néerlandaise sur les stupéfiants s’appelle l’Opiumwet. Elle fonctionne par listes annexées : ce qui y est inscrit est interdit, ce qui n’y figure pas ne l’est pas. Toute la réponse à la question « est-ce légal ? » tient dans ce mécanisme, et elle est plus simple qu’on ne le croit.
Le champignon est interdit. La truffe ne l’est pas.
Le champignon. Depuis décembre 2008, les champignons contenant de la psilocybine sont inscrits à la liste II de l’Opiumwet. Leur vente est interdite aux Pays-Bas. L’inscription a suivi une série d’accidents impliquant des touristes.
La truffe. La truffe, ou sclérote, est la partie souterraine du même organisme. Au sens de la loi néerlandaise ce n’est pas un champignon, et elle ne figure sur aucune des deux listes. Elle ne relève donc pas de l’Opiumwet : son achat, sa détention et sa consommation sont licites, et elle se vend en smartshop agréé aux personnes majeures.
Les deux contiennent les mêmes molécules, psilocybine et psilocine. La distinction que fait la loi n’est donc pas chimique, elle est botanique : ce qui pousse au-dessus de la terre, et ce qui pousse en dessous.
C’est la truffe, et seulement elle, que nos retraites utilisent.
Source : Trimbos, institut national néerlandais de santé mentale et des addictions (DRUGSinfo)
Et ce n’est pas le régime du cannabis
On nous parle souvent de « tolérance néerlandaise ». Elle existe, mais elle désigne autre chose. Le cannabis, lui, est inscrit sur une liste : il reste interdit, et ce que les Pays-Bas pratiquent à son sujet est un renoncement aux poursuites pour la vente en coffee shop, sous conditions strictes. C’est une exception accordée à un interdit.
La truffe n’a pas besoin de cette exception, puisqu’elle n’est pas interdite. Confondre les deux trompe dans les deux sens : cela fait passer le cannabis pour légal, et la truffe pour simplement tolérée.
Et dans les deux cas, cela ne décrit pas une retraite. Nous ne vendons rien, nous ne tenons aucun commerce, et nous n’administrons aucune substance.
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Pour aller plus loin
Psilocybine aux Pays-Bas : légalisation, limites et risques réels
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Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous ne vendons pas de truffes et nous n’en fournissons pas. Nous n’administrons aucune substance à personne. Lorsqu’un participant souhaite s’en procurer, l’Institut agit comme mandataire, à prix coûtant, auprès d’un point de vente néerlandais. C’est écrit dans le contrat que vous signez, avant de venir.
Nos retraites ne sont ni un soin, ni une psychothérapie, ni une prise en charge médicale. Nous n’avançons aucune promesse de résultat thérapeutique, et notre contrat le dit explicitement.
L’accompagnement se tient sur place, aux Pays-Bas, du début à la fin du séjour. Rien ne vous est remis à emporter.
Ce qui vous expose, vous
Dans la plupart des pays, dont la France, la Belgique et la Suisse, la psilocybine est un stupéfiant. En détenir, en transporter ou en faire entrer sur le territoire est une infraction, et le fait que la substance ait été acquise légalement ailleurs n’y change rien.
C’est la raison pour laquelle rien ne quitte les Pays-Bas avec vous. Ce n’est pas une précaution de notre part, c’est la loi de votre pays.
Ce que nous ne vous dirons pas
Nous ne vous dirons pas « c’est légal », sans autre précision. Cette phrase ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas où, pour qui et pour quel acte.
Nous ne vous donnons pas de conseil juridique. Si votre situation est particulière, un professionnel de votre pays est la bonne personne, pas nous.
Et nous ne vous dirons pas que la psilocybine soigne quelque chose. Ce n’est pas ce que nous proposons.
Pourquoi nous écrivons cette page ainsi
Parce qu’une personne qui vient chez nous prend une décision importante, et qu’elle a besoin de savoir ce qu’elle fait. Une page qui rassure sans expliquer ne lui rend pas service, et nous rendrait suspects le jour où elle découvre le reste.
Nous rendons des comptes à une association professionnelle, la Guild of Guides NL, dont notre fondateur est membre du conseil. Son code de conduite nous engage sur la transparence et sur l’exactitude de ce que nous affirmons.
La sécurité, concrètement
La question « est-ce que j’ai le droit » vient rarement seule. Elle arrive avec « est-ce que c’est sûr ». Voici ce qui est vérifié avant que vous veniez, ce qui est en place pendant, et ce qui continue après.
Avant : nous refusons des gens
C’est la partie la moins agréable de notre travail, et c’est la plus importante. Un questionnaire de santé détaillé, puis un entretien individuel avec un thérapeute, puis une décision d’admission sous 48 heures.
Certaines situations conduisent à un refus : diagnostics psychiatriques lourds, médications incompatibles, conditions cardiaques ou neurologiques à risque, grossesse. Ces contre-indications existent pour vous, et aussi pour les autres participants du groupe.
Pendant : qui est là, et ce qui est prévu
- Un facilitateur pour trois à quatre participants pendant les cérémonies. C’est la norme de la Guild of Guides NL, pas un chiffre que nous avons choisi nous-mêmes.
- Une équipe formée et expérimentée, pas une bonne volonté. Certifications en facilitation psychédélique, thérapie IFS, accompagnement somatique, psychologie clinique. Chaque membre est lui-même supervisé et suit son propre chemin thérapeutique.
- Une psychologue dans l’équipe, spécialisée dans le soin des traumatismes.
- Des consignes de sécurité expliquées sur place, par l’équipe, avant la première cérémonie. Pas un document à signer : une explication.
- Des précautions précises sur le dosage, et sur deux choses qui arrivent vraiment : l’hypoglycémie et le malaise vagal. Nous savons les prévenir et les reconnaître.
- Des protocoles d’urgence écrits, et une équipe formée aux premiers secours et aux premiers secours en santé mentale.
- Personne ne quitte l’espace pendant les effets sans l’accord d’un facilitateur.
Pourquoi il n’y a pas de médecin sur place
La question revient souvent, et la réponse est simple : ce n’est pas nécessaire, et ce n’est pas requis par le code de déontologie du secteur.
Ce qui compte dans ces moments n’est pas une présence médicale, c’est une présence formée à ce qui se passe réellement : accompagner un état modifié de conscience, reconnaître une difficulté, et savoir quoi faire. Notre équipe est formée aux premiers secours et aux premiers secours en santé mentale, et nous travaillons dans un cadre où les services d’urgence sont accessibles comme partout ailleurs aux Pays-Bas.
Un contrat qui dit qui fait quoi
Avant de venir, vous signez un contrat exigeant, qui établit les responsabilités de chacun. Ce que nous nous engageons à faire, ce que vous déclarez, et ce que nous ne promettons pas. Il est écrit pour être lu, pas pour être survolé.
Après : quatre rendez-vous
La retraite ne s’arrête pas quand vous rentrez chez vous. L’accompagnement prévoit quatre rendez-vous après le séjour, pour soutenir ce qui s’est ouvert et l’ancrer dans votre vie. C’est la partie que les expériences isolées n’ont pas.
Et un cadre auquel nous rendons des comptes
Tout cela tient parce qu’il y a un code de conduite au-dessus de nous. Vingt-quatre engagements, en deux volets : ce à quoi un participant a droit, et ce que l’association exige de toute personne qui accompagne. Le consentement éclairé, les limites de la relation, la confidentialité, l’usage du toucher, la gestion des plaintes, les compétences exigées, la formation continue.
Ce code n’est pas le nôtre : il est créé et supervisé par la Guild of Guides NL, et l’association peut être saisie si nous y manquons. C’est ce qui fait la différence entre une promesse et un engagement.
Lire les vingt-quatre engagements
Une question sur votre situation ?
Trente minutes, en français, sans engagement. On répond à ce qu’on sait, et on le dit quand on ne sait pas.