L’intégration après une expérience psychédélique : le véritable voyage commence ici
⚠️ Avertissement important Cet article est à visée informative et éducative uniquement. L’utilisation de substances psychédéliques est illégale dans la plupart des pays, dont la France et la Belgique, en dehors de contextes de recherche ou de cadres légaux spécifiques (comme les Pays-Bas). Ce contenu ne constitue pas un conseil médical, psychiatrique ou thérapeutique. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant toute démarche impliquant des substances psychoactives.
Contre-indications : L’intégration psychédélique ne convient pas aux personnes souffrant de troubles psychotiques, bipolaires ou ayant des antécédents familiaux de schizophrénie. En cas de traitement médicamenteux, une consultation médicale préalable est impérative.
L’intégration est sans doute l’étape la plus essentielle — et la plus souvent négligée — du processus psychédélique.
L’expérience en elle-même peut être bouleversante, libératrice ou déroutante, mais c’est l’intégration qui permet d’en extraire toute la sagesse et d’en faire un levier durable de transformation. Selon une analyse conceptuelle majeure publiée en 2022 dans Frontiers in Psychology, « l’intégration est largement citée comme très importante pour conserver les bénéfices et travailler à travers les expériences psychédéliques »1.
Dans ce guide, nous explorons ce que signifie intégrer une expérience psychédélique, pourquoi c’est crucial, comment le faire concrètement, et quels sont les pièges à éviter pour ne pas passer à côté de ce processus fondamental.
« Si la session ouvrait une nouvelle porte, l’intégration consisterait à apprendre à vivre dans la pièce que l’on a découverte. »
Qu’est-ce que l’intégration en contexte psychédélique ?
L’intégration désigne le processus conscient par lequel on transforme une expérience psychédélique en connaissance utile pour sa vie quotidienne2.
C’est le moment où les insights, les émotions, les souvenirs ou les visions rencontrés pendant la session trouvent une place dans la réalité concrète.
En d’autres termes : si la session ouvre une porte, l’intégration consiste à apprendre à vivre dans la pièce que l’on a découverte.
Elle ne se limite pas à « comprendre » ce qui s’est passé, mais à l’incarner : dans ses choix, ses relations, son rapport à soi, au corps et au monde. Comme l’expliquent les chercheurs Geoff Bathje et ses collègues dans leur analyse conceptuelle, l’intégration est « un processus dans lequel une personne revisite et s’engage activement à donner du sens, à travailler, traduire et traiter le contenu de son expérience psychédélique »3.

« Dans ma pratique d’accompagnement auprès de plus de 200 participants, j’ai pu observer que l’importance de l’intégration était largement sous-estimée par les personnes venant pour la première fois. Cela m’a poussé à améliorer continuellement nos pratiques au service de l’intégration »
Pourquoi l’intégration est-elle cruciale ?
L’expérience psychédélique, aussi lumineuse soit-elle, ne suffit pas à transformer durablement la vie si elle reste isolée du quotidien. Les données scientifiques le confirment de manière répétée4.

1. Du vécu à la transformation
Pendant la session, des émotions profondes ou refoulées peuvent émerger. Sans intégration, elles risquent de se refermer puis d’être oubliées sans être assimilées.
L’intégration permet de donner du sens à ces vécus, de mettre des mots sur l’indicible et de transformer la compréhension en action5.
Données de recherche : Les recherches menées à l’Imperial College London ont démontré que les participants ayant bénéficié d’un soutien structuré à l’intégration après leur expérience avec la psilocybine rapportaient des changements durables et mesurables. Dans leur étude qualitative de 2017 portant sur 20 patients suivis à 6 mois, les chercheurs ont identifié deux processus de changement majeurs : un passage de la « déconnexion » (de soi, des autres, du monde) à la « connexion », et un passage de « l’évitement » (des émotions) à « l’acceptation »6.
« L’intégration transforme l’expérience psychédélique en connaissance vivante : un passage de la déconnexion à la connexion, de l’évitement à l’acceptation. »
Je me souviens de Laurence, 62 ans, qui lors d’une retraite Renaissance en avril 2024 a vécu une expérience psychédélique très déroutante et dont elle avait bien du mal à faire sens sur le moment. Sans notre soutien à l’intégration, elle aurait probablement passé plusieurs mois à essayer de trouver un sens à son vécu. Grâce à notre méthode qui s’appuie sur la reconnaissance des parts de soi (IFS), elle a pu y voir beaucoup plus clair dès la retraite.

2. Prévenir la désorientation
Certains ressentent, après une expérience intense, un sentiment de vide ou de confusion. C’est normal : l’esprit a été élargi, mais il faut maintenant reconstruire un nouvel équilibre.
Statistiques : Dans une étude de suivi longitudinal, environ 23% des participants ont rapporté une phase de désorientation temporaire dans les 2-4 semaines suivant leur expérience psychédélique7. Cette période, bien que déstabilisante, fait partie intégrante du processus d’intégration.
L’intégration aide à « reconnecter les fils » entre les différentes parts de soi et à retrouver une stabilité émotionnelle et psychique. D’après mon expérience avec plus de 200 participants, cette phase est particulièrement critique et nécessite un accompagnement spécialisé, car rien ne peut remplacer, en plus d’une solide formation, la connaissance intime que nous avons de ces expériences en tant que facilitateurs.
3. Faire mûrir les graines plantées
Une expérience psychédélique, c’est comme semer des graines dans la conscience.
L’intégration, c’est l’arrosage régulier qui permet à ces graines de devenir des changements tangibles : une nouvelle habitude, une relation apaisée, une vision de vie plus alignée8.
« Une expérience psychédélique sème des graines dans la conscience. L’intégration, c’est l’arrosage régulier qui permet à ces graines de devenir des changements tangibles. »
Le psychiatre Stanislav Grof, pionnier de la recherche psychédélique depuis les années 1960 et cofondateur de la psychologie transpersonnelle, a développé une cartographie étendue de la psyché humaine à travers ses décennies de travaux avec le LSD et d’autres substances. Dans son œuvre majeure LSD Psychotherapy (1980) et ses travaux ultérieurs, il souligne que l’intégration des expériences transpersonnelles et périnatales est essentielle pour accéder au potentiel thérapeutique complet de ces états modifiés de conscience9.
Données temporelles : Les recherches de Johns Hopkins montrent que les insights et transformations continuent d’émerger et de mûrir jusqu’à 6-12 mois après l’expérience initiale, soulignant l’importance d’un accompagnement à long terme10.

Les différentes phases du processus d’intégration
Chaque parcours est unique, mais la recherche et la pratique clinique permettent tout de même de discerner trois grandes étapes dans l’intégration psychédélique : l’accueil, la mise en mots et l’incarnation sur le temps long. Les informations ci-dessous restent cependant indicatives car chaque cas est différent, et l’idéal est toujours de bénéficier d’un accompagnement personnalisé.

1. L’accueil (J+1 à J+7)
Les premiers jours après une expérience, tout est encore frais et parfois confus.
C’est le moment de laisser décanter, sans chercher à tout comprendre11.
Recommandations pratiques :
- Éviter les grandes décisions de vie
- Privilégier le repos, la solitude, les promenades en nature, l’écriture libre
- Accueillir les émotions sans jugement ni analyse hâtive
- Limiter les stimulations externes (réseaux sociaux, actualités intenses)

Dans nos retraites, nous proposons systématiquement des moments d’écriture libre ou guidée, des sorties en pleine nature, des temps de silence (méditation), mais aussi des activités corporelles (yoga, mouvement, respiration…) et manuelles (dessin, confection d’un artefact symbolique…) Cette approche s’inspire des transmissions traditionnelles et des formations les plus récentes en matière d’intégration des expériences psychédéliques (MAPS, ACER Integration, Reciproco, Synthesis Institute, etc)

2. La mise en mots (Semaines 2-4)
Une fois la poussière retombée, il devient utile de nommer ce qui a été vécu et continue peut-être subtilement de se vivre.
Cela peut passer par le journal d’intégration, des partages en cercle, ou un entretien individuel avec un accompagnant formé12.
Pourquoi c’est crucial : Mettre en mots permet de structurer l’expérience intérieure et de commencer à en percevoir le sens. Les neurosciences montrent que le fait de nommer les émotions (affect labeling) réduit leur intensité et facilite leur traitement par le cortex préfrontal13.

« Dans ma pratique après plus de 30 retraites collectives, j’observe que ceux qui tiennent un journal quotidiennement pendant les premières semaines vivent une phase d’intégration significativement plus profonde et transformable. »
Dans notre processus d’intégration, nous utilisons notamment les cercles de parole, les séances individuelles, mais aussi des exercices d’écriture guidée qui aident les participants à mettre le pied à l’étrier, notamment pour ceux qui n’ont pas du tout l’habitude de tenir un journal ou d’avoir un espace thérapeutique. Tous ces outils s’appuient à la fois sur les travaux des médecins les plus expérimentés en la matière comme Stanislas Grof ou William Richards, mais aussi sur des approches connexes comme l’IFS de Richard Schwartz ou encore le Somatic Experiencing.
3. L’incarnation (Mois 2-12)
C’est la phase la plus longue, souvent invisible, mais la plus déterminante.
Elle consiste à ancrer les prises de conscience dans la vie réelle :
- Ajuster ses comportements et schémas relationnels
- Changer son rythme de vie et ses priorités
- Nourrir ses relations différemment
- Créer de nouveaux rituels de présence à soi
- Aligner ses choix professionnels et personnels avec ses valeurs profondes
« L’intégration n’est pas ce que vous comprenez intellectuellement, mais ce que vous incarnez concrètement dans vos actions, vos relations et vos choix quotidiens. Si vous voulez observer un changement important dans votre vie, il convient de commencer par un changement dans votre journée. »

L’intégration devient alors une pratique quotidienne, un art de vivre14.
Dans le suivi personnalisé que nous effectuons lors de nos ateliers d’intégration environ 2, 4 et 8 semaines après les retraites, nous constatons que de nouvelles clés de compréhension apparaissent, souvent en résonance à des circonstances du quotidien. Ainsi, les participants qui maintiennent une posture d’ouverture et d’observation au quotidien montrent généralement plus de discernement sur des évolutions intérieures subtiles. Et comme on ne peut pas intégrer ce qui n’a pas été vu et reconnu, on comprend à quel point cette étape est importante pour pouvoir incarner de nouvelles postures.
Outils et pratiques pour une intégration réussie
Il n’existe pas de recette unique — mais plusieurs outils complémentaires selon la personnalité et le moment du chemin. Les approches suivantes sont soutenues tant par la recherche que par la pratique clinique.

Le journaling (écriture thérapeutique)
Écrire permet de déposer, d’observer, et parfois de comprendre sans même chercher. Peu de personnes utilisent naturellement cette pratique, qui est pourtant un remarquable outil de connaissance de soi.
Exemples de questions guides pour l’intégration :
- « Qu’est-ce que cette expérience m’a montré sur moi-même que je refusais de voir ? »
- « Quelle part de moi demande à être honorée ou libérée ? »
- « Comment puis-je incarner concrètement ce que j’ai vu ou ressenti ? »
- « Qu’est-ce qui veut être laissé derrière moi ? »
- « Quelle est la plus petite action que je peux poser aujourd’hui dans cette direction ? »

Je recommande à nos participants d’écrire tous les jours, même pour quelques minutes, idéalement en début de journée. Pour mieux ancrer ce moment, nous proposons même de mettre en place un rituel très simple pour mettre à profit ces moments : cela consiste à utiliser des empreintes mémorielles de la retraite, par exemple en écrivant sur le carnet qui leur a été fourni, avec un encens et des musiques spécifiques, qui « rappellent » les états de conscience vécus lors des cérémonies.

La méditation et la respiration
Ces pratiques soutiennent l’ancrage corporel et la régulation du système nerveux.
Elles permettent de revisiter l’expérience sans se laisser submerger15.
Approches recommandées :
- Méditation de pleine conscience (5-20 min/jour)
- Respiration consciente
- Cohérence cardiaque
- Body scan somatique

Nos participants utilisent les pratiques proposées pendant leur retraite, en choisissant celles qui leur conviennent le mieux parmi, par exemple, la respiration alternée (pranayama), la respiration carrée, le soupir physiologique, etc. Ces pratiques sont parfois des outils séculaires tirés du yoga ou proviennent d’études et pratiques plus contemporaines. Ces pratiques favorisent l’intégration en nous invitant (comme pour le journaling) à porter notre attention sur notre monde intérieur, tout en réduisant le stress.
Le partage et l’accompagnement professionnel
Parler de ce que l’on a vécu avec un facilitateur expérimenté ou dans un groupe d’intégration aide à normaliser le vécu et à ne pas rester isolé.
L’expérience devient un miroir collectif : on y trouve écho et soutien16.

Le psychologue William Richards, qui a conduit des recherches sur les psychédéliques à l’Université Johns Hopkins pendant plus de cinq décennies, souligne dans son ouvrage Sacred Knowledge: Psychedelics and Religious Experiences (2015) l’importance d’un accompagnement thérapeutique structuré avant, pendant et après l’expérience psychédélique. Richards insiste particulièrement sur l’importance de la relation thérapeutique et du cadre de soutien comme facteurs déterminants du succès thérapeutique17.
Dans notre dispositif, nous incluons 3 cercles d’intégration post-retraite ainsi qu’un entretien individuel. Les participants partagent aussi entre eux entre les sessions. L’art de guider des conversations fait pleinement partie de mon parcours personnel, puisque j’ai accompagné des milliers de personnes en entreprise à l’aide de conversations guidées et d’outils collaboratifs. J’ai été formé par exemple à l’Appreciative Inquiry, au Art of Hosting ou à la Facilitation Intégrale, toujours auprès des organismes les plus reconnus.
Le modèle ACE (Accept, Connect, Embody)
La psychologue clinicienne Rosalind Watts, ancienne responsable clinique des essais sur la psilocybine pour la dépression à l’Imperial College London, a développé le modèle ACE (Accept, Connect, Embody) basé sur la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT).
Les trois piliers du modèle ACE :
- Accept (Accepter) : Accueillir toutes les émotions, même difficiles, sans jugement ni évitement
- Connect (Se connecter) : Reconnecter avec ses valeurs profondes, les autres, et le monde
- Embody (Incarner) : Ancrer les insights dans le corps et l’action concrète
Ce modèle a été utilisé dans plusieurs essais cliniques et s’est révélé particulièrement efficace pour augmenter la « flexibilité psychologique » — la capacité à rester présent avec des émotions difficiles tout en agissant selon ses valeurs18.
Watts a ensuite développé le modèle ACER (Accept, Connect, Embody, Restore) spécifiquement pour l’intégration communautaire à long terme19.

Dans notre accompagnement, nous intégrons les principes ACE en nommant expressément ces étapes, en les pratiquant ensemble et en proposant une série de pratiques concrètes.
Le corps comme boussole (approche somatique)
Danser, marcher, s’étirer, respirer profondément — tout ce qui ramène dans le corps est un outil d’intégration puissant.
Pourquoi l’approche somatique est essentielle : Les traumatismes et insights psychédéliques sont souvent stockés dans la mémoire corporelle. C’est fréquemment par le mouvement que l’énergie émotionnelle se libère vraiment20.
Pratiques corporelles recommandées :
- Yoga (particulièrement le yin yoga ou yoga restauratif)
- Danse intuitive, ecstatic dance ou danse des 5 rythmes
- Marche consciente en nature
- Pratiques martiales douces (Qi Gong, Tai Chi)
- Travail avec l’eau (bains, natation, watsu)

Nous intégrons systématiquement le yoga, la méditation, le mouvement libre et la respiration consciente dans nos retraites. Ces ateliers sont notamment guidés par Bertille qui est praticienne en respiration consciente et par Fiona qui est professeur de Yoga.
Les pièges à éviter
L’intégration peut parfois être entravée par certaines attitudes inconscientes. Voici les principaux écueils identifiés par la recherche et la pratique clinique.

1. Vouloir tout comprendre immédiatement
L’erreur : Chercher à tout analyser intellectuellement dans les jours qui suivent.
La réalité : Certaines compréhensions émergent des semaines, voire des mois plus tard. Les données longitudinales de Johns Hopkins montrent que les insights continuent d’évoluer jusqu’à 6-12 mois post-expérience21.
Ce qu’il faut faire : Laisser mûrir. Faire confiance au processus. Noter ce qui émerge sans forcer l’interprétation.
Je dis souvent à mes participants : « La cérémonie est une étape. C’est en la laissant résonner avec votre expérience que de nouvelles clés de lecture apparaissent, au détour d’une conversation, en croisant un regard, etc. C’est en laissant infuser dans le quotidien que des révélations plus fines se manifestent parfois. »
2. Idéaliser la session
L’erreur : Placer l’expérience sur un piédestal et la sacraliser au point de la déconnecter de la vie réelle.
La réalité : La beauté de l’expérience ne réside pas dans l’intensité vécue, mais dans ce qu’elle transforme au quotidien22.
Ce qu’il faut faire : Honorer l’expérience tout en se demandant : « Comment cela change-t-il concrètement ma façon de vivre aujourd’hui ? »
3. Chercher à « revivre » la magie
L’erreur : Retourner rapidement vers une nouvelle cérémonie pour retrouver l’état de grâce.
La réalité : L’objectif n’est pas de retrouver la sensation, mais de faire vivre la sagesse qui en est issue. James Fadiman, chercheur pionnier dans l’étude du microdosage et auteur de The Psychedelic Explorer’s Guide (2011), insiste particulièrement sur l’importance de l’intégration des insights plutôt que la recherche répétée de l’expérience elle-même23.
Ce qu’il faut faire : Respecter des intervalles suffisants (minimum 3-6 mois entre les expériences majeures) et évaluer honnêtement le travail d’intégration accompli.
Dans notre approche, nous recommandons d’attendre au moins 6 mois avant de retourner en cérémonie. Entre-temps, nous proposons aux participants de se fixer des objectifs ambitieux en termes d’intégration, et de soutenir leur évolution à l’aide de toutes les pratiques qui sont disponibles.
4. S’isoler excessivement
L’erreur : Se couper du monde et de ses relations sous prétexte d’intégration.
La réalité : Même si le besoin de solitude est fréquent et légitime dans les premiers jours, rester relié à un réseau bienveillant est essentiel à la stabilité intérieure et à l’intégration durable24.
Ce qu’il faut faire : Alterner moments de solitude et moments de connexion. Identifier 2-3 personnes de confiance avec qui partager.

5. Négliger les aspects pratiques
L’erreur : Rester dans le spirituel sans ancrer dans le matériel.
Ce qu’il convient plutôt de faire :
- Traduire chaque insight en une action concrète et mesurable
- Identifier les obstacles pratiques à l’incarnation de vos valeurs
- Créer des rituels quotidiens simples (5-10 minutes suffisent)
Nous utilisons les conversations guidées et les séances individuelles pour aider les participants à transformer leurs insights en actions concrètes. Par exemple, si une personne a réalisé qu’elle ne prenait jamais le temps de prendre soin d’elle-même, nous ne nous contentons pas d’en déduire toutes les conséquences, nous aidons cette personne à imaginer et à mettre en place les premières actions et rituels qui lui permettront de prendre soin d’elle-même, afin de profiter de la neuroplasticité induite par la cérémonie, et du momentum collectif lié à la retraite, avec son esprit de soutien.
Témoignages et parcours d’intégration

« Avant de participer à la retraite avec le Renaissance Institute, je ne pratiquais pas l’écriture. Pendant la retraite, quelqu’un a partagé avec le groupe son expérience du journaling à l’aide du livre « Libérez votre créativité. » Cela m’a inspiré d’essayer et je me suis appuyée sur ce livre pour commencer une pratique d’écriture automatique quotidienne. Cette pratique d’intégration me permet de bien mieux me rendre compte de ce qui se vit dans mon monde intérieur. Le fait de simplement prendre le temps d’écrire aussi bien mes pensées que mon état émotionnel me renseigne énormément sur moi-même et mes modes de fonctionnement. »
— Chloé, 25 ans, participante à la retraite Renaissance de septembre 2025 près d’Eindhoven.
(Entretien réalisé dans le cadre de notre suivi post-retraite avec consentement éclairé)
« Je suis plutôt du genre à mettre en application les différentes pratiques de développement personnel qui me font du bien, comme la méditation ou le journaling. De mon point de vue, pratiquer la présence à soi sous une forme ou une autre est indispensable pour pouvoir pleinement tirer parti d’une démarche aussi profonde que cette retraite. L’intégration c’est même sans doute ce qu’il y a de plus important dans ces retraites. »
— Mauricio, 44 ans, participant à la retraite Renaissance de septembre 2024 près d’Eindhoven.
(Entretien réalisé dans le cadre de notre suivi post-retraite avec consentement éclairé)
« En tant qu’accompagnatrice, j’encourage les participants, avant même la retraite, à aménager des espaces au calme pour pouvoir consacrer du temps à l’intégration de leur expérience. La différence entre ceux qui le font et ceux qui le font moins se voit très nettement, et très souvent les uns inspirent les autres lors de nos suivis collectifs à distance. »
— Fiona Grignard, psychologue et facilitatrice au Renaissance Institute.
En résumé : l’intégration, c’est le cœur du chemin
Une expérience psychédélique peut tout ouvrir.
Mais l’intégration, c’est ce qui la rend vivante.
C’est un processus lent, intime, parfois exigeant — mais c’est là que se joue la véritable alchimie du changement25.

« Ce n’est pas l’intensité de votre expérience psychédélique qui détermine la profondeur de votre transformation, mais la qualité et la constance de votre travail d’intégration. »
Les points clés à retenir :
✓ L’intégration dure de 3 à 12 mois minimum — c’est un marathon, pas un sprint
✓ Elle nécessite à la fois du temps seul·e ET du soutien communautaire/professionnel
✓ Les insights continuent d’émerger longtemps après l’expérience
✓ L’incarnation concrète (actions, comportements) est plus importante que la compréhension intellectuelle
✓ Chaque parcours est unique — il n’existe pas de « bonne » façon d’intégrer
Prenez le temps, respectez votre rythme, appuyez-vous sur des accompagnants compétents.
Et souvenez-vous : ce n’est pas ce que vous vivez qui compte le plus, mais ce que vous en faites.
Questions fréquentes sur l’intégration psychédélique
Combien de temps dure le processus d’intégration ?
L’intégration est un processus continu, mais la phase intensive dure généralement 3 à 6 mois. Selon les recherches longitudinales de Johns Hopkins, les changements et insights continuent d’évoluer jusqu’à 12 mois post-expérience, voire au-delà26.
Dans notre accompagnement, nous proposons un suivi structuré sur deux mois après la retraite, avec des points de contacts collectifs et individuels notamment à J+15, J+30 et J+60. Les participants échangent souvent bien après ce délai via leur groupe de soutien, qui inclut tous les participants de la même retraite. Nous proposons aussi des séances additionnelles à la demande.
Dois-je absolument consulter un thérapeute spécialisé ?
Bien que l’auto-intégration soit possible pour certaines personnes, les études montrent que l’accompagnement professionnel augmente significativement les bénéfices à long terme et réduit les risques de désorientation ou de re-traumatisation27. C’est pourquoi il est recommandé de faire appel à un psychothérapeute et/ou à un praticien formé à l’intégration d’expériences psychédéliques en soutien à votre processus d’intégration.
Quand l’accompagnement professionnel est fortement recommandé :
- Si vous avez vécu une expérience difficile ou traumatisante
- Si vous souffrez de dépression, anxiété ou autres troubles psychologiques
- Si vous avez des antécédents de trauma
- Si l’expérience a révélé des contenus psychiques profonds
Quelques ressources pour trouver un accompagnant qualifié :
- Fireside Project (ligne d’écoute gratuite)
- Société Psychédélique Française (cercles d’intégration occasionnels)
Puis-je intégrer une expérience vécue il y a plusieurs mois/années ?
Oui, absolument. Il n’est jamais trop tard pour intégrer. Certaines personnes ressentent le besoin de revenir sur des expériences anciennes quand leur vie leur en donne l’espace ou quand elles rencontrent un accompagnant approprié.
Dans ma pratique, j’ai parfois accompagné des personnes intégrant des expériences remontant à plusieurs années. Mon approche est alors ancrée dans le modèle IFS et consiste à recontextualiser et à explorer ce qui n’a pas été intégré alors.
Que faire si je me sens perdu·e ou en détresse après l’expérience ?
C’est une situation qui peut arriver et qui nécessite du soutien immédiat.
Actions à poser :
- Ne restez pas seul·e : Contactez une personne de confiance
- Ralentissez : Annulez vos obligations non-essentielles pour quelques jours
- Contactez votre thérapeute, votre facilitateur Renaissance ou une ligne d’urgence psychédélique telle que Fireside Project
- Consultez un professionnel formé en intégration psychédélique
Important : Les « bad trips » ou expériences difficiles contiennent souvent le matériel le plus précieux pour la guérison, mais nécessitent un accompagnement adapté pour être intégrés de manière constructive.
Comment savoir si mon intégration progresse bien ?
Signes d’une intégration saine :
- Vous vous sentez progressivement plus ancré·e dans votre quotidien
- Vous arrivez à traduire vos insights en actions concrètes
- Vos relations s’améliorent ou se clarifient
- Vous ressentez une plus grande acceptation de vous-même et de vos émotions
- Vous avez des moments de clarté sur votre direction de vie
- Vous maintenez des pratiques régulières (méditation, journaling, etc.)
Signes qu’un soutien supplémentaire serait bénéfique :
- Vous vous sentez plus confus·e ou désorienté·e plusieurs semaines après
- Vous avez du mal à fonctionner dans votre quotidien
- Vous ressentez une envie compulsive de refaire rapidement une expérience
- Vous vous isolez de manière prolongée
- Des symptômes anxieux ou dépressifs persistent ou s’aggravent
Quelles sont les meilleures pratiques à adopter au quotidien ?
Routine d’intégration recommandée (adaptable selon vos besoins) :
Quotidien (10-30 min) :
- Méditation ou respiration consciente
- Journaling (3 pages en écriture libre ou prompts guidés)
- Mouvement corporel conscient
Hebdomadaire :
- Temps en nature (marche, immersion)
- Partage avec une personne de confiance ou cercle d’intégration
- Révision de la semaine : « Qu’ai-je incarné de mes insights ? »
Mensuel :
- Bilan d’intégration écrit ou avec un accompagnant
- Ajustement des pratiques selon les besoins
- Célébration des progrès, même minimes
Pour nos participants, nous recommandons toujours d’adapter sa pratique d’intégration à ses préférences et habitudes quotidiennes. Pour ce faire nous proposons une variété d’exercices somatiques, de méditation, et de rituels. L’élaboration par le participant de sa propre routine d’intégration et la possibilité de partager avec son groupe de soutien sont de précieux atouts pour une intégration effective et durable.
Ressources additionnelles

Organisations et recherches de référence
- MAPS – Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies Leader mondial de la recherche psychédélique, essais cliniques MDMA et psilocybine
- Imperial College Centre for Psychedelic Research Centre de recherche de pointe dirigé par le Dr Robin Carhart-Harris
- Johns Hopkins Center for Psychedelic & Consciousness Research Premier centre universitaire dédié aux psychédéliques aux États-Unis
- Fireside Project Ligne d’écoute gratuite et confidentielle pour soutien psychologique : 62-FIRESIDE
Formations professionnelles en intégration
- Fluence Training – Formation certifiante en thérapie assistée par psychédéliques
- California Institute of Integral Studies (CIIS) – Programme académique en psychologie psychédélique
- Synthesis Institute – Formation de facilitateurs (Europe)
- Reciproco Method – Formation spécifique à l’intégration psychédélique
Livres de référence recommandés
- Richards, W. A. (2015). Sacred Knowledge: Psychedelics and Religious Experiences. Columbia University Press.
- Grof, S. (1980). LSD Psychotherapy. Hunter House Publishers.
- Fadiman, J. (2011). The Psychedelic Explorer’s Guide: Safe, Therapeutic, and Sacred Journeys. Park Street Press.
- Pollan, M. (2018). How to Change Your Mind: What the New Science of Psychedelics Teaches Us About Consciousness. Penguin Press.
À propos de l’auteur et transparence
Dino Bendiab est facilitateur certifié et psychopraticien spécialisé dans l’intégration psychédélique en contexte légal aux Pays-Bas.
Formations et approches intégrées :
- Psychopraticien certifié Internal Family Systems (IFS) – modèle reconnu comme particulièrement adapté au travail psychédélique
- Certification Psychedelic Facilitator – Essence Education (Pays-Bas)
- Certification Somatic Psychedelic Facilitator – The Embody Lab (USA)
- Formations avancées en Facilitation intégrale, Vedanta, Appreciative Inquiry, Dialogue Imago
- Approches somatiques : Reiki, Shiatsu
Affiliations professionnelles :
- Fondateur de Renaissance Institute, seul espace francophone 100 % légal dédié aux retraites de psilocybine aux Pays-Bas
- Membre du réseau Open Foundation (organisation scientifique européenne de référence sur la recherche psychédélique)
- Membre de The Guild of Guides (association néerlandaise de facilitateurs psychédéliques légaux)
- Membre de l’association IFS francophone
Expérience :
- Plus de 200 participants accompagnés en retraites légales depuis 2023
- Facilitation en français, anglais et italien
- Spécialisé dans les approches alliant rigueur clinique, profondeur psychologique et sécurité intégrale
Mission et engagement éducatif :
Dino a fondé le Renaissance Institute, qui propose des retraites d’intégration psychédélique en contexte légal aux Pays-Bas, dans le respect des cadres réglementaires européens.
Notre engagement : Cet article fait partie de notre mission d’élévation des standards éthiques et scientifiques dans le domaine psychédélique. Il est publié gratuitement, sans intention commerciale directe, car nous sommes convaincus qu’une information rigoureuse et accessible doit guider toute personne intéressée par ce parcours — qu’elle choisisse notre accompagnement ou tout autre chemin.
Indépendance éditoriale : Les références scientifiques citées sont indépendantes et vérifiables. Aucun lien d’affiliation commercial dans cet article. Le contenu présenté s’appuie exclusivement sur la recherche scientifique peer-reviewed et l’expérience clinique documentée.
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Contact et ressources :
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Références scientifiques
[^1]: Bathje, G. J., Majeski, E., & Kudowor, M. (2022). Psychedelic integration: An analysis of the concept and its practice. Frontiers in Psychology, 13, 824077. https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2022.824077/full
[^2]: MAPS – Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies. (n.d.). Integration Station. https://maps.org/integration-station/
[^3]: Bathje, G. J., Majeski, E., & Kudowor, M. (2022). Op. cit.
[^4]: Sloshower, J., Guss, J., Krause, R., Wallace, R. M., Williams, M. T., Reed, S., & Skinta, M. D. (2020). Psilocybin-assisted therapy of major depressive disorder using Acceptance and Commitment Therapy as a therapeutic frame. Journal of Contextual Behavioral Science, 15, 12-19. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2212144719301140
[^5]: MAPS – Integration Station, Op. cit.
[^6]: Watts, R., Day, C., Krzanowski, J., Nutt, D., & Carhart-Harris, R. (2017). Patients’ accounts of increased « connectedness » and « acceptance » after psilocybin for treatment-resistant depression. Journal of Humanistic Psychology, 57(5), 520-564. https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0022167817709585
[^7]: Belser, A. B., Agin-Liebes, G., Swift, T. C., et al. (2017). Patient experiences of psilocybin-assisted psychotherapy: An interpretative phenomenological analysis. Journal of Humanistic Psychology, 57(4), 354-388.
[^8]: Bathje et al. (2022). Op. cit.
[^9]: Grof, S. (1980). LSD Psychotherapy. Hunter House Publishers. Voir également : Grof, S. (2000). Psychology of the Future: Lessons from Modern Consciousness Research. State University of New York Press. https://www.stangrof.com/
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[^26]: Griffiths et al. (2016). Op. cit.
[^27]: Sloshower et al. (2020). Op. cit.
Psychedelic Facilitator certifié
Thérapeute IFS (Internal Family System)
En 2005 il découvre les états modifiés de conscience avec le rebirth qu’il pratiquera pendant plusieurs années. Consultant international, il a accompagné de nombreux dirigeants et leurs équipes dans des des dynamiques de transformation personnelles et collectives.